Sintra-Portugal.com
Le meilleur guide indépendant sur Sintra
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Le meilleur guide indépendant sur Sintra
Ne consacrer qu'une journée à Sintra est une erreur. J'ai vu trop d'amis débarquer du train du matin en provenance de Lisbonne, courir d'un palais à l'autre, faire la queue pour un troisième, puis repartir à la tombée du jour en se demandant pourquoi on en fait tout un plat. Ils ont vu Sintra. Ils ne l'ont pas comprise.
Cette ville n'a jamais été faite pour être visitée au pas de course. Sintra, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, réunit des palais aux façades peintes, un château maure accroché à une crête de granit et l'un des jardins de montagne les plus étranges d'Europe, le tout uni par les brumes fraîches de l'Atlantique qui montent à flanc de colline presque chaque matin. Trois ou quatre sites majeurs, ce serait déjà trop pour une seule journée. Il y en a neuf. Les enchaîner à toute vitesse, c'est passer à côté de l'essentiel d'une ville que des rois et des reines ont bâtie, au fil de cinq siècles, pour en faire un refuge loin du monde.
Avec deux jours, tout change. Vous pouvez arriver à Pena dès l'ouverture, sans la foule des groupes en autocar, monter sur les remparts du château des Maures sans regarder votre montre, tout en gardant un après-midi pour Monserrate, où la plupart des excursionnistes ne mettent jamais les pieds. Vous découvrez aussi Sintra après 16 h, quand les cars repartent et que la ville redevient elle-même. Les ruelles pavées se vident, les cafés retrouvent leur calme et la brume se pose sur les pins. Voilà la Sintra que l'excursionniste ne découvre jamais.
J'explore le Portugal depuis 2001 et, avec mon épouse portugaise, j'ai passé d'innombrables week-ends à arpenter les collines de Sintra en toutes saisons, de la chaleur d'août au brouillard de janvier. Ce guide reprend l'itinéraire de deux jours que j'envoie aux amis qui préparent leur première vraie visite, pour que vous ne vous arrêtiez pas aux palais les plus célèbres et découvriez la Sintra que nous avons appris à connaître.
Sintra concentre sur une seule colline plus de sites de premier plan que n'importe quelle autre petite ville du Portugal. Toute la difficulté est de choisir. Trois sites suffisent à remplir une journée, ce qui signifie que, même en deux jours, vous devrez faire l'impasse sur certains. Voici, un par un, les principaux palais, jardins et châteaux, pour vous aider à dresser une liste adaptée au voyage dont vous avez envie.
Palácio da Pena : Le palais peint en jaune et rouge qui coiffe le plus haut sommet de la Serra de Sintra, celui-là même dont l'image vous a donné envie de venir à Sintra. Le roi Ferdinand II l'a fait construire dans les années 1840, véritable fantaisie romantique élevée sur les ruines d'un monastère hiéronymite, en superposant tours néogothiques, arcs mauresques et décors de pierre manuélins pour aboutir à un ensemble qui ne devrait pas fonctionner, et qui fonctionne pourtant. L'intérieur a été conservé tel que la famille royale l'a laissé le matin de la révolution de 1910. Le parc qui l'entoure est une forêt de camélias, de fougères et de belvédères cachés à côté desquels la plupart des visiteurs passent complètement. Incontournable, mais prévoyez au moins trois à quatre heures - Guide du palais de Pena
Quinta da Regaleira : Un domaine bâti au tournant du XXe siècle par un riche négociant en café passionné d'alchimie, de franc-maçonnerie et des Templiers, et qui avait les moyens de graver tout cela dans la pierre. Le manoir néogothique tient la vedette, mais ce sont les jardins qui justifient la visite : un réseau de grottes, de tunnels cachés et le célèbre puits initiatique, un escalier en spirale de 27 mètres qui s'enfonce dans la terre. C'est le deuxième site le plus visité de Sintra, et cela se sent. Mieux vaut y aller en fin de journée, lorsque la foule se clairsème - Guide de la Quinta da Regaleira
Palácio de Monserrate : Celui que la plupart des visiteurs laissent de côté, et celui que je vous recommande vivement de ne pas manquer. Une longue villa rose à trois tours surmontées de coupoles, construite par un magnat anglais du textile dans les années 1850, avec des dentelles de pierre aussi fines que tout ce que l'on peut admirer en Andalousie et l'un des jardins botaniques les plus importants du Portugal, qui dévale la colline. Trente hectares d'agaves mexicains, de fougères arborescentes australiennes et les ruines d'une fausse chapelle médiévale que la forêt engloutit peu à peu. À trois kilomètres du centre-ville, ce qui le rend plus paisible - Guide du palais de Monserrate
Castelo dos Mouros : Une forteresse maure du IXe siècle qui s'étire le long d'une crête de granit au-dessus de la ville, avec des remparts que l'on peut parcourir et des tours de guet à gravir pour profiter de la vue sur Pena et jusqu'à l'Atlantique. Côté intérieurs, il n'y a pas grand-chose à voir. On y vient pour les jambes et les poumons, pas pour l'histoire de l'art. Il partage son sommet avec Pena, si bien qu'il est tout naturel de les associer dans la même journée - Guide du château des Maures
Palácio Nacional de Sintra : Le palais blanc aux deux immenses cheminées coniques, au centre de la ville, et la plus ancienne résidence royale conservée au Portugal. Habité sans interruption par les rois et reines du Portugal du XVe à la fin du XIXe siècle, il abrite l'une des plus belles collections d'azulejos mudéjars de la péninsule Ibérique. Il se trouve en plein centre de la vieille ville, se visite en une heure ou deux en début ou en fin de journée, et offre un contrepoint plus doux aux ascensions qui vous attendent sur les hauteurs - Guide du palais national de Sintra
Convento dos Capuchos : Un monastère franciscain du XVIe siècle, enfoui dans la forêt à l'ouest de la ville, où les moines ont aménagé leurs cellules à même les blocs de granit et tapissé les murs de liège pour les isoler. Après l'opulence dorée de tout le reste de Sintra, ce dépouillement est saisissant. À réserver aux voyageurs qui disposent d'une troisième journée et qui ont un faible pour le visage plus calme et plus étrange de la Serra - Guide du Convento dos Capuchos
Cabo da Roca : Le point le plus occidental de l'Europe continentale, où les collines de Sintra s'achèvent en falaises de 140 mètres et où l'Atlantique s'étend sans interruption jusqu'aux Amériques. À quelques minutes de route de la ville, et à garder pour le coucher du soleil. Ce n'est pas un site au sens muséal du terme, mais l'un des lieux de la côte portugaise où l'on ressent le plus la force des éléments - Guide du Cabo da Roca
Praia das Maçãs : Une petite station balnéaire sur l'Atlantique aux maisons basses blanchies à la chaux, bordée d'un long croissant de sable et reliée à Sintra par un tramway historique pendant les mois d'été. Elle mérite une demi-journée si vous voyagez avec des enfants, ou si vous avez envie de troquer les palais contre la plage le temps d'un après-midi - Guide de Praia das Maçãs
Premier jour : le Palácio da Pena dès l'ouverture à 9 h 30, puis le Castelo dos Mouros, sur la même colline, avant de redescendre au centre historique pour la fin d'après-midi. Si vous en avez encore l'énergie, finissez par le coucher du soleil au Cabo da Roca.
Deuxième jour : un Uber jusqu'au Palácio de Monserrate à la première heure, puis retour en ville pour le Palácio Nacional de Sintra et un déjeuner dans le centre historique. En fin d'après-midi, direction la Quinta da Regaleira, quand les jardins sont le plus calmes.
Vous trouverez ci-dessous le déroulé détaillé, jour par jour, avec les informations sur les transports et les horaires.
Une visite guidée vous conviendrait-elle mieux ?
Après vingt-cinq ans de visites, je sais à quel point une journée à Sintra peut être fatigante. Une visite guidée bien organisée vous épargne ces tracas. Voici les visites de Sintra que j'ai moi-même testées et que je recommande volontiers à mes amis et à ma famille :
Les liens ci-dessus sont des liens d'affiliation : si vous réservez par leur biais, je touche une petite commission, sans aucun surcoût pour vous. Je vous en suis vraiment reconnaissant, car cela m'aide à maintenir ce site gratuit et en ligne.
L'argument en faveur d'une nuit sur place est simple. À 16 h, les cars repartent et Sintra devient une autre ville. Les ruelles retrouvent leur calme, les files d'attente disparaissent et l'atmosphère commence à s'apaiser. Vous pouvez aller dîner à pied depuis votre hôtel en passant devant des palais illuminés dans la nuit, puis vous présenter aux grilles de Pena ou de la Regaleira le lendemain matin avant même que le premier bus de Lisbonne n'ait quitté la gare du Rossio. Pour qui veut comprendre Sintra plutôt que simplement la cocher sur une liste, une nuit ici change tout le voyage.
Ce n'est pas pour autant le bon choix pour tout le monde, et les arguments contre méritent d'être entendus.
Les chambres d'hôtel sont rares à Sintra, et leurs prix s'en ressentent. Vous paierez nettement plus cher qu'à Lisbonne. L'autre point faible, c'est la restauration. On trouve une poignée d'excellentes tables et une foule de pièges à touristes, et pas grand-chose entre les deux. Lisbonne m'a gâté, et la variété de sa cuisine me manque chaque fois que je séjourne ici.
Reste aussi la question pratique des bagages. Si vous êtes déjà installé dans un hôtel à Lisbonne, traîner une valise jusqu'à Sintra pour une seule nuit, puis la redescendre le lendemain, coûte souvent plus en tracas qu'il ne rapporte en ambiance. Deux excursions à la journée depuis Lisbonne, si possible sur des jours non consécutifs, conviennent très bien à la plupart des visiteurs et vous laissent vos soirées libres pour profiter des restaurants lisboètes.
Ma règle personnelle : passez la nuit sur place si vous voyagez à un rythme tranquille, ou si vous venez en haute saison (de juin à septembre), période où échapper à la foule de la mi-journée vaut bien quelques euros de plus.
Quel que soit votre choix, réservez tôt. Sintra compte peu d'hébergements pour une clientèle venue du monde entier, et en été les meilleures chambres partent des semaines à l'avance. La carte ci-dessous indique les meilleurs hébergements de la ville. Saisissez vos dates pour consulter les prix et les disponibilités du moment.
Quelques petites décisions pèseront davantage sur vos deux jours que le choix d'un restaurant ou d'un hôtel. Voici ce que je dis à mes amis avant leur départ.
Accordez au palais de Pena le temps qu'il mérite. C'est de loin l'erreur que je vois le plus souvent. Les visiteurs arrivent avec le programme serré d'une excursion à la journée, font la queue pendant quarante minutes, parcourent les terrasses en vingt et repartent en se demandant pourquoi on en fait tout un plat. Pena réclame trois à quatre heures, pas quatre-vingt-dix minutes. L'intérieur à lui seul prend une heure sans traîner, les terrasses une heure de plus si vous voulez y revenir une fois les groupes du matin partis, et le parc qui l'entoure mérite au moins une heure supplémentaire pour le chalet de la comtesse d'Edla et le belvédère d'Alto do Chá. Organisez-vous en conséquence, et le palais se révélera à vous. Si vous le visitez au pas de course, vous rejoindrez le chœur des amis qui m'ont affirmé que Pena était surfait.
Réservez vos billets pour l'intérieur en ligne, et suffisamment tôt. L'intérieur de Pena se visite sur créneau horaire, et les billets achetés sur place vous attribuent souvent un créneau deux ou trois heures après votre arrivée. En haute saison, les places de la journée peuvent même être toutes vendues. Réservez en ligne au moins quelques jours à l'avance et choisissez le créneau le plus matinal possible. Acheter à l'avance, c'est toute la différence entre entrer directement et tuer le temps pendant deux heures dans le parc en attendant votre tour.
Arrivez tôt. Encore plus tôt que ça. Pena ouvre à 9 h 30. Soyez là à l'ouverture, pas à dix heures ni à onze heures. La première heure est la seule où les terrasses ressemblent à un palais plutôt qu'à une file d'attente. Vers onze heures, les groupes en autocar arrivent par vagues, et jusqu'en fin d'après-midi, les photos qui vous ont fait venir sont de plus en plus difficiles à réussir. J'ai vécu les deux versions de cette matinée bien des fois, et c'est le jour et la nuit.
Associez Pena au château des Maures. Les deux sites se trouvent sur la même crête, à quinze minutes de marche en descente l'un de l'autre. Les regrouper sur une même journée, c'est monter une seule fois sur la colline, en bus 434 ou en taxi, et redescendre une seule fois. Les répartir sur deux jours, c'est doubler sans raison vos casse-têtes de transport. Pena le matin, le château après le déjeuner.
Ne faites pas l'impasse sur Monserrate. À trois kilomètres du centre-ville, et à des années-lumière des files d'attente de Pena. La plupart des visiteurs venus pour la journée ne vont jamais jusque-là, et les jardins n'en sont que plus paisibles, même les week-ends d'août. J'aimerais mieux manquer le Palácio Nacional que Monserrate, et pourtant, j'aime bien le Palácio Nacional. Si votre deuxième journée s'annonce serrée, c'est la visite à ne pas sacrifier.
Jour 1, matin : Palácio da Pena
Réglez votre réveil. La décision la plus importante de vos deux jours à Sintra, c'est l'heure de votre arrivée à Pena, et la réponse est 9 h 30. Soyez devant les grilles du palais à l'ouverture, et non au moment où les autocars des excursions matinales parties de Lisbonne se garent sur le parking. La première heure, avant que la foule n'afflue, est la seule où les terrasses peintes ressemblent à un palais plutôt qu'à une file d'attente.
Rejoindre le sommet, c'est déjà la moitié de l'organisation. Le bus touristique 434 fait une boucle de la gare jusqu'au château des Maures et à Pena, et c'est la meilleure option. En haute saison, il est aussi pris d'assaut dès 9 h, et vous risquez de faire la queue pour le bus avant même d'avoir commencé votre journée. Un Uber ou un Bolt depuis le centre historique vous coûtera environ six ou sept euros et vous déposera aux grilles en quinze minutes, sans attente. Les taxis sont un peu plus chers, mais le principe est le même. Les tuk-tuks font le trajet pour vingt à trente euros.
Un mot sur les billets. L'intérieur de Pena se visite sur créneau horaire, et je ne saurais trop insister : tout devient bien plus simple si vous réservez le premier créneau du matin quelques jours à l'avance. En été, si vous achetez votre billet sur place, vous obtiendrez bien souvent un créneau deux ou trois heures après votre arrivée, ce qui vous oblige à tuer le temps dans le parc avant de pouvoir entrer. Réservez à l'avance et vous entrerez directement.
Le Palácio da Pena lui-même est l'édifice que tout visiteur du Portugal connaît déjà de vue. Des tours jaunes, des créneaux rouges, des coupoles revêtues de carreaux de faïence, le tout perché sur le plus haut sommet de la Serra de Sintra, à 480 mètres au-dessus de l'Atlantique. Le roi Ferdinand II l'a fait construire dans les années 1840 sur les ruines d'un monastère hiéronymite, en mêlant des éléments néogothiques, manuélins, mauresques et Renaissance pour composer une seule et même fantaisie romantique. Les terrasses sont la première chose que vous verrez et l'endroit où vous vous attarderez le plus longtemps. Faites-en le tour complet, cherchez l'arche du Triton et profitez des petits belvédères du côté est pour photographier la façade peinte en vous retournant vers le palais.
L'intérieur a été conservé tel que la famille royale l'a laissé le matin du 5 octobre 1910, lorsque la nouvelle de la révolution à Lisbonne lui est parvenue et qu'elle a pris le chemin de l'exil. La salle arabe, peinte d'un foisonnement de motifs mauresques en trompe-l'œil, est la plus belle, et les appartements privés de la reine Amélie sont les plus émouvants, avec son mobilier personnel toujours en place.
Après l'intérieur vient le Parque de Pena, une forêt de 200 hectares que le roi a fait planter autour du palais : c'est la partie de Pena que la plupart des excursionnistes laissent complètement de côté. Une marche de trente minutes sur le sentier à l'ouest du palais vous mène à l'Alto do Chá, une colline parsemée de rochers qui offre, à mon avis, la plus belle vue sur Pena de tout le domaine. Le sentier qui monte à l'Alto da Cruz, le point culminant du parc, offre vingt minutes de marche agréable en forêt, avec un autre beau point de vue au sommet. La vallée des Lacs, dans la partie basse du parc, est le coin tranquille de Pena, avec ses étangs à canards et ses bancs de pierre à l'ombre des camélias.
Surtout, ne manquez pas le chalet de la comtesse d'Edla. Le roi Ferdinand a fait construire cette maisonnette de style alpin dans les années 1860 pour sa seconde épouse.
Déjeuner sur la colline
Les possibilités pour déjeuner au sommet sont limitées. Le café de Pena propose des sandwichs, des soupes et des pâtisseries tout à fait correctes, sans pour autant laisser de souvenir impérissable, et les prix comme les files d'attente s'en ressentent : ici, la clientèle n'a guère le choix. L'avantage, c'est que vous restez sur la colline au lieu de perdre une heure à redescendre à Sintra puis à remonter. Mangez ici, puis profitez-en pour parcourir les terrasses une seconde fois.
Après-midi : Castelo dos Mouros
Depuis les grilles de Pena, comptez un quart d'heure de descente à pied par un sentier forestier jusqu'à l'entrée du Castelo dos Mouros.
Le château a plusieurs siècles de plus que tout le reste de Sintra. Les Maures l'ont bâti au IXe siècle pour défendre la route de Lisbonne. Il est tombé aux mains des troupes chrétiennes d'Afonso Henriques en 1147, pendant la Reconquista. Ce que vous parcourez aujourd'hui, c'est pour l'essentiel l'enceinte médiévale, restaurée au XIXe siècle par Ferdinand II, le roi qui a aussi fait construire Pena. On reconnaît la même main sur les deux sommets.
Soyez honnête avec vous-même avant d'entrer. Cette visite demande de bonnes jambes et du souffle. Vous gravirez des marches raides taillées dans le granit et suivrez d'étroits chemins de ronde avec de vrais à-pics de part et d'autre. Vous fournirez plus d'efforts qu'à aucun autre moment de la journée. Si vous êtes sujet au vertige, le château vous mettra à l'épreuve. La récompense, c'est la vue. Depuis les remparts, vous voyez Sintra qui s'étend en contrebas, Pena sur le sommet voisin et l'Atlantique à l'ouest. Par temps clair, vous apercevez même la banlieue de Lisbonne au sud.
La Torre Real, la tour du Roi, est le point le plus haut du château, et il faut monter 220 marches pour l'atteindre. C'était l'endroit préféré de Ferdinand II sur tout le domaine, et une fois en haut, vous comprendrez pourquoi.
Pour redescendre, vous avez le choix. En bus, en taxi ou en Uber, vous êtes de retour au centre historique en cinq minutes. Si vous en avez l'énergie, mieux vaut prendre le Caminho de Santa Maria, un sentier pentu mais superbe qui vous dépose en vingt minutes en bordure du centre historique. Il serpente le long des murailles extérieures du château, entre d'énormes rochers couverts de mousse, puis traverse des bois de châtaigniers. Tout au long de la descente, de beaux points de vue s'ouvrent sur Sintra. C'est l'une des plus belles promenades des environs, et presque personne ne l'emprunte.
Fin d'après-midi : le centre historique de Sintra
Quand vous arriverez au centre, ce sera déjà la fin d'après-midi, les autocars seront sur le départ et la ville retrouvera peu à peu son calme. C'est le plus beau moment de la journée à Sintra, et c'est dans le centre historique qu'il faut le passer.
Le centre historique est si petit qu'on a du mal à s'y perdre. Le Palácio Nacional et ses deux immenses cheminées coniques en occupent le cœur, mais vous le visiterez demain. Pour l'instant, flânez dans les ruelles alentour. Les plus jolies sont la Volta do Duche et la Rua das Padarias. Construite en 1910, la Câmara Municipal (l'hôtel de ville de Sintra) est une véritable pièce montée d'ornements néo-manuélins et néo-gothiques, coiffée d'une tour de l'horloge extravagante. Elle vaut bien un détour de cinq minutes pour l'admirer de l'extérieur.
S'il vous reste l'envie d'une dernière visite, le Palácio Biester est une demeure néo-gothique du XIXe siècle, à quelques pas du centre. Ce sont surtout ses jardins ombragés, aménagés en terrasses, qui attirent les visiteurs. La maison ferme aussi plus tard que les monuments sur les hauteurs. Autre option tranquille pour une promenade en fin de journée : le parc de la Vila Sassetti, entre le centre historique et le Castelo dos Mouros. L'entrée est gratuite et le lieu est presque toujours désert en fin d'après-midi.
Le Palácio Biester
Coucher de soleil en option : Cabo da Roca
S'il vous reste de l'énergie en fin de journée, le Cabo da Roca se trouve à vingt minutes en Uber (comptez quinze à vingt euros). Le point le plus occidental de l'Europe continentale n'est jamais aussi beau que dans la demi-heure qui précède le coucher du soleil. Les falaises y plongent de 140 mètres dans l'Atlantique, et seul l'océan vous sépare des Amériques. Prévoyez une petite laine : ici, le vent ne plaisante pas.
Matin : Palácio de Monserrate
Commencez votre deuxième journée là où la plupart des visiteurs ne vont jamais. Un Uber depuis le centre historique jusqu'à Monserrate coûte environ six ou sept euros et le trajet prend dix minutes, et le palais ouvre à 9 h 30. Arrivez dès l'ouverture et vous aurez peut-être la terrasse devant le palais pour vous seul pendant la première demi-heure, avec pour seule compagnie le chant des oiseaux et l'odeur des fougères humides. C'est Sintra sous son meilleur jour.
Le Palácio de Monserrate a été construit en 1858 pour Sir Francis Cook, un magnat anglais du textile qui avait acheté le domaine en ruine deux ans plus tôt et confié à l'architecte James Knowles un cahier des charges détaillé et un budget généreux. Ce que Knowles a conçu est, sur le plan architectural, le bâtiment le plus surprenant de Sintra. Une longue façade rose d'une symétrie parfaite, trois tours coiffées de coupoles qui rythment la ligne des toits et des dentelles de calcaire dont la finesse n'a rien à envier à l'Andalousie. L'extérieur vaut à lui seul le déplacement.
À l'intérieur, le bâtiment continue de surprendre. L'Átrio Principal s'élève jusqu'à une coupole octogonale soutenue par des colonnes de marbre rose, avec des arcs outrepassés et des stucs en arabesques qui doivent davantage à l'Alhambra qu'à quoi que ce soit de portugais. La salle de musique, au centre du palais, possède une acoustique si finement réglée qu'un murmure prononcé à une extrémité s'entend distinctement à l'autre. Prenez votre temps ici. La plupart des salles ont été restaurées dans leur état du XIXe siècle, et les panneaux explicatifs sont assez bien faits pour se passer de guide.
Les trente hectares de jardins sont l'autre raison de venir et, à mon avis, celle qui fait pencher la balance en faveur de Monserrate plutôt que de Pena. Sir Francis a fait venir des plantes des quatre coins de l'Empire britannique et les a disposées à flanc de colline selon leur climat et leur origine. Un jardin mexicain d'agaves et de dragonniers se trouve à quelques minutes d'un vallon de fougères alimenté par les brumes perpétuelles de Sintra, où des fougères arborescentes d'Australie et de Nouvelle-Zélande déploient leur canopée au-dessus de vos têtes. Les vestiges d'une fausse chapelle médiévale, construite volontairement comme une fabrique romantique et qui tombe aujourd'hui réellement en ruine, se dressent au milieu d'une prairie. Des ruisseaux et des cascades relient entre eux les différents espaces du domaine. Ils ont été aménagés au XIXe siècle afin de maintenir un microclimat assez frais et humide pour que les espèces tropicales puissent y survivre.
Déjeuner : centre historique de Sintra
Prenez un Uber ou le bus 435 pour revenir déjeuner dans le centre historique. Ici, la restauration n'est pas le point fort de Sintra, mais quelques adresses sont fiables. Tascantiga sert de petites assiettes portugaises soignées dans une salle intimiste juste à côté de la Volta do Duche. Incomum propose un menu à prix fixe plus ambitieux si vous avez envie d'un déjeuner plus long.
Début d'après-midi : Palácio Nacional de Sintra
Le Palácio Nacional se dresse au milieu du centre historique. Les deux énormes cheminées coniques que l'on aperçoit depuis une bonne moitié de la ville appartiennent à sa cuisine médiévale, et c'est à elles que l'on reconnaît le bâtiment de l'extérieur.
À l'intérieur, le Palácio Nacional est la plus ancienne résidence royale encore debout au Portugal, habitée sans interruption par la famille royale du début du XVe siècle à la fin du XIXe. Les salles d'apparat racontent cette longue histoire, pièce après pièce. La Sala dos Brasões en est le joyau : un plafond en coupole orné des armoiries de 72 familles nobles portugaises, au-dessus de murs revêtus d'azulejos. La Sala dos Cisnes doit son nom aux vingt-sept cygnes dorés peints à son plafond, cadeau de mariage du roi João Ier à sa fille Isabel. Ma préférée reste la Sala das Pegas, dont João Ier fit peindre le plafond de pies après que la reine l'eut surpris en train d'embrasser une dame d'honneur ; ces pies, une rose au bec, étaient sa réponse aux commérages de la cour.
La Salle arabe abrite la plus importante collection d'azulejos mudéjars du XVe siècle de toute la péninsule Ibérique, des motifs géométriques bleu profond et blanc qui méritent que l'on prenne le temps de les regarder. La cuisine médiévale, avec ses marmites en cuivre et ses grandes broches toujours en place sous les fameuses cheminées, fait partie de ces rares cuisines royales qui donnent encore l'impression d'une pièce où l'on travaille vraiment.
Fin d'après-midi : Quinta da Regaleira
La plupart des guides vous conseillent de visiter Regaleira à la première heure, et la plupart des guides se trompent. Le domaine ouvre à 10 h, précisément au moment où les excursions en autocar de fin de matinée arrivent en masse de Lisbonne, et à partir de là, jusqu'à 15 h environ, une file d'attente serpente le long de l'allée qui mène au Puits initiatique. Allez-y plutôt en fin d'après-midi. À partir de 16 h environ, la foule des excursionnistes venus pour la journée s'éclipse pour attraper le train du retour vers Lisbonne, et les jardins retrouvent une atmosphère proche de celle pour laquelle ils ont été conçus.
Regaleira se trouve à quinze minutes de marche en montée depuis le Palácio Nacional, ou à trois ou quatre minutes en Uber. Le domaine a été construit entre 1904 et 1910 pour António Augusto Carvalho Monteiro, un riche Luso-Brésilien devenu millionnaire grâce au café, profondément passionné d'alchimie, de franc-maçonnerie, des Templiers et de l'ordre de la Rose-Croix, et qui avait les moyens de réunir tout cela dans un seul et même jardin. Le résultat ne ressemble à rien d'autre au Portugal.
Rendez-vous directement au Poço Iniciático, le Puits initiatique. Il ne s'agit pas du tout d'un puits, mais d'une tour inversée : un escalier en colimaçon de 27 mètres qui s'enfonce dans la terre sur neuf niveaux, chacun marqué de symboles templiers et rosicruciens. Au fond, un réseau de tunnels taillés dans la roche vous conduit sous les jardins et débouche sur des grottes cachées, des lacs et des fontaines ornementales. En fin d'après-midi, vous pouvez le parcourir tranquillement. Le matin, vous auriez fait la queue à l'entrée, puis descendu les marches en piétinant derrière un groupe débarqué d'un car.
Après le puits, prenez le temps de découvrir le reste du domaine. Le palais néo-manuélin lui-même est impressionnant, avec ses balcons et ses pinacles de pierre dans le style de Belém. La chapelle voisine affiche le même symbolisme foisonnant que les jardins, avec des pentagrammes et des croix templières intégrés au sol et aux murs. Le parc se savoure sans se presser. Chaque chemin mène quelque part, et ce quelque part est généralement une fontaine, une fabrique de jardin ou un belvédère auquel vous ne vous attendiez pas.
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À propos de ce guide Je m'appelle Philip Giddings. J'explore le Portugal depuis 2001 et je rédige les guides indépendants de Sintra-Portugal.com depuis 2008. Je vis à Lisbonne avec mon épouse portugaise, Carla, qui m'a fait découvrir Sintra lors de l'un de mes tout premiers voyages dans le pays. Nous y retournons régulièrement depuis : foules estivales, brume automnale, calme des dimanches après-midi de janvier. La région a beaucoup évolué en vingt-cinq ans de visites, et nous en avons été les témoins directs.
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