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Le meilleur guide indépendant sur Sintra
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Un palais bâti pour les festivités. Une reine qui y perdit la raison. Un incendie qui faillit tout emporter. Peu de palais en Europe concentrent autant de drame dans un espace aussi restreint que le Palais de Queluz. Imaginé dans les années 1740 pour servir de résidence d'été à un prince portugais mélomane et amateur de réceptions en plein air, il devint, en l'espace de quatre décennies, le palais rococo le plus exubérant de la péninsule Ibérique. Des salons d'apparat dorés à la feuille, des salles de bal ornées de miroirs et un canal revêtu d'azulejos assez long pour y naviguer en gondole : c’est un véritable Versailles miniature, mais sans la moindre retenue.
Tel était, du moins, le premier acte. Le second est bien plus sombre. Lorsque la reine Marie Ire perdit son époux et son fils aîné à deux ans d'intervalle, elle ne tarda pas à sombrer dans la folie. Le palais, initialement bâti pour son plaisir, devint alors le lieu où, selon certains témoignages, ses cris résonnaient dans les couloirs. La famille royale s'enfuit au Brésil en 1807 et la musique ne revint jamais vraiment. Un incendie dévastateur en 1934 acheva ce que l'abandon avait commencé, ravageant une grande partie de l'intérieur et manquant de mettre un terme définitif à l'histoire du monument.
Ce que vous découvrez aujourd'hui constitue le troisième acte et, à mon sens, le plus surprenant. L'incendie fut le catalyseur d'une restauration méticuleuse qui a redonné à Queluz une apparence proche de celle du XVIIIe siècle. Vous pouvez désormais déambuler dans la salle du Trône, la salle des Ambassadeurs et les jardins, tels que la cour les connaissait autrefois. Vous pourrez également vous tenir dans la petite chambre circulaire où le roi Pierre IV est né en 1798 et où il rendit son dernier soupir, trente-cinq ans plus tard, dans cette même pièce. Rares sont les palais qui racontent leur passé de façon aussi directe.
Je parcours le Portugal depuis 2001 et, avec mon épouse portugaise, je suis revenu à Queluz de nombreuses fois au fil des ans. Ce guide vous aidera à organiser votre visite et à regarder au-delà des dorures pour découvrir le palais qui se cache derrière.
La Salle du trône (Sala do Trono) : le palais dans ce qu'il a de plus théâtral. Cette immense salle de bal est un véritable foisonnement de boiseries dorées, de miroirs monumentaux et de lustres en cristal, le tout surmonté d'un plafond peint soutenu par des atlantes sculptés. Conçue pour accueillir des bals masqués et des banquets d'État, elle sert aujourd'hui encore de cadre aux dîners présidentiels.
La Salle des ambassadeurs (Sala dos Embaixadores) : d'abord salle de concert, elle devint par la suite le théâtre des cérémonies du baisemain du roi Jean VI. La peinture du plafond représente la famille royale assistant à un concert, indice de la vocation initiale de la pièce. Deux trônes y sont toujours installés : l'un pour le monarque, l'autre pour ses héritiers.
Le Canal des azulejos (Canal dos Azulejos) : l'élément le plus insolite que l'on puisse trouver dans un jardin au Portugal. Il s'agit d'un tronçon de 115 mètres de la rivière Jamor, retenu par des écluses et bordé de parois d'azulejos bleus et blancs. Autrefois, les membres de la cour s'y laissaient dériver à bord de gondoles, tandis que des musiciens de chambre jouaient depuis la rive.
La chambre de Don Quichotte : une pièce carrée ingénieusement conçue pour paraître circulaire, dotée de huit colonnes s'élevant vers un plafond en coupole. C'est en ces lieux que s'est jouée toute l'existence du roi Pierre IV. Il y vit le jour en 1798 et s'y éteignit de la tuberculose en 1834, dans ce lit même.
Le domaine est ouvert tous les jours de 9 h à 18 h 30, et la dernière entrée pour le palais et les jardins est à 17 h 30. La billetterie sur place est fermée pour le déjeuner entre 12 h et 13 h, mais des bornes automatiques sont disponibles.
Les visiteurs ont le choix entre deux types de billets :
• Palais et Jardins : Ce billet combiné coûte 13 € pour un adulte (18-64 ans) et 10 € pour les jeunes (6-17 ans) et les seniors (65 ans et plus). Un billet famille (2 adultes + 2 jeunes) est disponible pour 35 €.
• Jardins uniquement : Ce billet coûte 6 € pour un adulte, 4,50 € pour un jeune et 4,50 € pour un senior. Une option famille est disponible pour 15 €.
Une visite typique du Palácio de Queluz dure entre une heure trente et deux heures, ce qui laisse suffisamment de temps pour explorer les principales salles d'apparat et les jardins classiques.
Le palais est très accessible : l'intérieur est entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite, et les jardins supérieurs (Jardin suspendu et Jardin de Malte) sont accessibles par rampe.
Le palais est idéalement situé entre Lisbonne et Sintra, et le plus simple est de s'y rendre en train, car il se trouve sur la ligne Lisbonne-Sintra. Les visiteurs doivent descendre à la gare de Queluz-Belas, d'où le palais est à 15 minutes de marche par un itinéraire bien fléché. Vous trouverez des informations plus détaillées plus loin dans ce guide.
• 1654 : La Casa do Infantado Le roi João IV créa le domaine sous le nom de Casa do Infantado, une propriété destinée à assurer un revenu aux fils cadets des monarques portugais.
• 1747 : La résidence d'été La transformation du palais débuta sous l'Infant D. Pedro, qui envisageait une résidence d'été raffinée, dédiée aux loisirs et au divertissement.
• 1760 : • 1760 : Un mariage royal Le mariage de D. Pedro avec la princesse Maria, héritière du trône, rehaussa le statut de Queluz et inaugura une phase de construction plus ambitieuse.
• 1786–1788 : Un tournant tragique Les décès du roi Pedro III (1786) et de l'héritier, le prince José (1788), plongèrent la reine Maria Ire dans une grave maladie mentale.
• 1794 : La résidence officielle Après qu'un incendie eut détruit la résidence royale d'Ajuda, la cour s'installa définitivement à Queluz, qui devint le siège officiel de la monarchie.
• 1807 : La fuite au Brésil Face à l'invasion imminente de Napoléon, toute la famille royale s'enfuit au Brésil, marquant la fin définitive de la prééminence du palais.
• 1834 : Le destin accompli D. Pedro IV, premier empereur du Brésil, mourut de tuberculose dans la chambre de Don Quichotte, la pièce même où il était né.
• 1934 : Le grand incendie Longtemps après le départ de la monarchie, un incendie dévastateur se déclara, causant des dommages considérables à l'intérieur du bâtiment.
• 1940 : Renaissance en tant que musée L'incendie devint le catalyseur d'une restauration profonde, et le palais fut systématiquement réparé et ouvert au public en tant que musée.
L'âge d'or des festivités à Queluz prit fin de manière abrupte et tragique en 1788, lorsque l'histoire du palais bascula dans un profond chagrin. L'élément déclencheur fut une série de pertes dévastatrices subies par la reine Maria Ire. En 1786, son époux, D. Pedro III, mourut, suivi deux ans plus tard par leur fils aîné, le prince José, emporté par la variole.
Plongée dans un chagrin inconsolable, la reine sombra dans une grave maladie mentale. Le palais, qui avait été le théâtre de ses souvenirs les plus heureux, fut transformé en un lieu de réclusion discret. Les visiteurs de l'époque rapportèrent avoir entendu les « cris déments » de la reine résonner dans les couloirs opulents, témoignage poignant de la mélancolie qui s'était abattue sur la cour.
Par un cruel caprice du destin, elle fut installée dans le pavillon D. Maria I, fraîchement achevé. Cette aile avait été conçue comme les appartements privés de son fils bien-aimé, le prince José, mort avant qu'elle ne fût achevée. L'espace créé pour l'avenir de la dynastie devint une prison dorée pour sa souveraine en deuil.
La Salle du trône (Sala do Trono)
La Salle du trône est la pièce maîtresse du palais et la plus vaste et la plus majestueuse de ses salles d'apparat. Conçue par l'architecte français Jean-Baptiste Robillion en 1770, elle n'était pas destinée aux audiences officielles, mais servait avant tout de cadre aux fêtes extravagantes, aux grands bals et aux banquets de la cour.
La salle est un chef-d'œuvre du style Régence-Rococo, offrant une impression saisissante de lumière et d'espace. Ses murs offrent un spectacle de boiseries sculptées et dorées, œuvre du maître sculpteur Silvestre de Faria Lobo. Ces boiseries élaborées encadrent d'énormes miroirs, disposés de manière à refléter la lumière des magnifiques lustres de cristal et à démultiplier la clarté provenant des portes-fenêtres qui s'ouvrent directement sur le Jardin de Malte.
À chaque angle de la salle, d'imposants Atlantes sculptés se dressent par paires, semblant porter le poids du plafond sur leurs épaules. Le plafond lui-même est orné de peintures allégoriques de João de Freitas Leitão, représentant des vertus telles que la Foi, la Justice et la Charité.
La Salle des ambassadeurs (Sala dos Embaixadores)
Cette salle exubérante est un lieu où se rencontrent musique, art et diplomatie. Avant l'installation permanente de la cour à Queluz, cette salle avait une tout autre vocation et était connue sous le nom de « Salle des sérénades » (Sala das Serenatas). Elle fut conçue par Robillion en 1757 et servait de grande salle de concert pour le plaisir privé de D. Pedro III et de la reine Maria Ire.
La fonction originelle de la salle est immortalisée dans la grande peinture au plafond. Elle représente de façon théâtrale la famille royale assistant à un concert, une mise en abyme qui reflète la vie culturelle foisonnante de la salle. Cette peinture est une réplique fidèle ; la toile originale de Giovanni Berardi, datant du XVIIIe siècle, fut l'une des pertes tragiques de l'incendie de 1934.
La vocation de la salle évolua après 1794, lorsque Queluz devint la résidence officielle de la monarchie. Le roi João VI choisit cette salle pour ses audiences officielles et ses « cérémonies du baisemain », au cours desquelles la noblesse, les membres de la cour et les ambassadeurs étrangers rendaient hommage au monarque. À cet effet, deux trônes étaient disposés : l'un pour les monarques régnants et l'autre pour les héritiers du trône, connus sous le nom de Princes du Brésil.
Le Canal des azulejos (Canal dos Azulejos)
Incontestablement l'élément le plus singulier et le plus spectaculaire des jardins de Queluz, le Canal des azulejos est un chef-d'œuvre d'ingénierie et de fantaisie du XVIIIe siècle. Il s'agit d'un grand canal de 115 mètres de long, qui achemine la rivière Jamor à travers la propriété.
Un ingénieux système d'écluses permettait de retenir l'eau, créant ainsi un plan d'eau tranquille et suffisamment profond pour que la famille royale et sa cour puissent s'y promener en petits bateaux et en gondoles. Les parois du canal en sont l'élément le plus remarquable, ornées de magnifiques panneaux d'azulejos (carreaux de faïence) polychromes. Ces carreaux, inspirés de gravures de l'époque, représentent des scènes marines détaillées, des scènes de cour et des paysages variés.
L'ensemble créait un univers complet dédié aux loisirs de la cour. Les après-midi d'été, des musiciens de chambre jouaient depuis la Maison du lac adjacente, tandis que la cour voguait sur l'eau. À la nuit tombée, le canal était illuminé par des torches fichées dans des supports dorés en forme de cornes d'abondance, créant une atmosphère féerique pour les promenades royales en bateau.
La Chambre de Don Quichotte
Alors que les appartements d'apparat incarnent la splendeur publique, les quartiers privés racontent une histoire plus intime et souvent poignante. Au sein du Pavillon Robillion se trouve la Chambre de Don Quichotte, un espace qui incarne un cycle profond de vie et de mort pour la Maison de Bragance.
Sur le plan architectural, c'est une curiosité ingénieuse : une pièce carrée conçue pour paraître circulaire. Cette illusion est obtenue grâce à huit colonnes qui masquent les angles, soutenant un plafond en dôme et un sol en marqueterie de bois exotiques.
C'est toutefois la portée historique de cette pièce qui lui confère toute sa force évocatrice. Elle servit de chambre royale où virent le jour sept des neuf enfants du roi João VI et de la reine Carlota Joaquina.
Son histoire est surtout liée à l'un de ces enfants, D. Pedro IV, né dans cette chambre en 1798. Après une vie tumultueuse au cours de laquelle il devint le premier empereur du Brésil et mena une guerre civile pour conquérir la couronne portugaise, il revint sur son lieu de naissance. Il mourut de tuberculose à l'âge de 35 ans, en 1834, dans cette même chambre.
La Salle de musique (Sala de Música)
Cette grande salle d'apparat est essentielle pour comprendre l'âme originelle du palais, véritable « temple des plaisirs » dédié aux arts. Achevée en 1759, la Salle de musique est l'un des plus anciens espaces du palais et constituait le cœur vibrant de la vie musicale de la cour. Connue sous le nom de « Maison des sérénades », elle fut conçue bien avant la construction d'un théâtre dédié et accueillit d'innombrables concerts et opéras.
La salle est une merveille d'ingénierie acoustique du XVIIIe siècle. L'architecte, Mateus Vicente de Oliveira, la conçut dans un but précis : son mur incurvé et son plafond concave forment une parfaite « conque acoustique » au-dessus de l'endroit où les musiciens se produisaient. Cette conception garantissait une qualité sonore irréprochable pour l'auditoire royal.
La décoration reflète élégamment cette fonction. Le plafond est orné de boiseries dorées finement sculptées, arborant des motifs de violons et d'autres instruments de musique suspendus par des rubans.
Le Palácio de Queluz est idéalement situé dans la ville de Queluz, desservie par la principale ligne de chemin de fer entre Lisbonne et Sintra. Le palais constitue ainsi une étape très facile et prisée pour les visiteurs voyageant entre les deux villes.
Depuis le centre de Lisbonne, prenez le train CP (Comboios de Portugal) au départ de la gare de Rossio, en direction de Sintra. Le trajet ne dure que 17 minutes et un aller simple coûte 1,80 € (tarif zone 2), montant à charger sur une carte réutilisable « Navegante ».
La gare desservant le palais est Queluz-Belas, et il faut compter 10 à 15 minutes de marche pour rejoindre le palais.
Pour ceux qui préfèrent éviter la marche, un Uber ou un Bolt directement jusqu'au palais est une alternative prisée et pratique, pour un coût d'environ 20 € depuis le centre de Lisbonne.
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À propos de ce guide Je m'appelle Philip Giddings. J'explore le Portugal depuis 2001 et je rédige les guides indépendants de Sintra-Portugal.com depuis 2008. Je vis à Lisbonne avec mon épouse portugaise, Carla, qui m'a fait découvrir Sintra lors de l'un de mes tout premiers voyages dans le pays. Nous y retournons régulièrement depuis : foules estivales, brume automnale, calme des dimanches après-midi de janvier. La région a beaucoup évolué en vingt-cinq ans de visites, et nous en avons été les témoins directs.
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